Dans un espace physique, l’attention est une ressource précieuse. Le client regarde les produits, compare les prix, se repère dans le magasin, échange avec un vendeur, consulte parfois son téléphone. Dans ce contexte, les messages sonores ont un avantage structurel : ils touchent tout le monde, simultanément, sans demander une attention particulière, comme le requiert un écran par exemple. Bien conçus, ils deviennent un canal utile et non intrusif pour orienter, rassurer, informer, vendre…et même fédérer les équipes.
Depuis quelques années, on observe d’ailleurs un retour en force des dispositifs audio in-store, notamment dans la grande distribution, avec une logique de programmation et de mesure de plus en plus structurée.
Messages sonores : de quoi parle-t-on exactement ?
Un message sonore en point de vente est une prise de parole courte. Une voix seule, un dialogue, habillée ou non d’un fond musical, avec ou pas une virgule, diffusée à des moments choisis, pour délivrer une information ou provoquer une action.
À la différence de la musique d’ambiance, le message vient ponctuer l’expérience : il donne un repère, une consigne, une invitation.
Et l’audio, de façon générale, n’est pas anecdotique dans l’expérience d’achat. Des études sur la présence de musique en supermarché montrent qu’un environnement sonore agréable peut influencer les comportements.
Même si la musique et les annonces ne sont pas la même chose, cela rappelle un point clé : le son est un levier comportemental dans les lieux de commerce.
Les différents types de messages sonores
Les messages de marque
Ce sont les messages les plus courts, souvent les plus sous-estimés, et parfois les plus rentables sur le long terme. Une virgule (2 à 5 secondes) peut jouer le rôle d’un logo sonore : elle rend la marque reconnaissable, installe une cohérence et professionnalise la prise de parole. On peut y associer un message de bienvenue au moment de l’ouverture, ou un remerciement à l’approche de la fermeture.
L’intérêt n’est pas de parler pour parler, mais de créer un rendez-vous simple : “vous êtes au bon endroit, l’expérience commence”. Dans un retail où l’offre produit se ressemble vite, cette cohérence perçue fait la différence.
Les messages promotionnels
Les annonces promotionnelles sont celles auxquelles on pense en premier : “offre à ne pas manquer”, “nouveauté”, “dernière démarque”, “opération du week-end”. Leur efficacité dépend moins de la promo elle-même que de l’exécution :
- un message court : souvent 10–20 secondes,
- un bénéfice clair suscitant l’intérêt,
- une localisation ou une action simple (“rendez-vous au rayon…”, “demandez conseil…”),
- une fréquence maîtrisée, on peut le répéter dans la journée mais sans saturer.
Dans les réseaux de magasins, l’audio est justement considéré comme un format publicitaire à part entière – au même titre que l’écran -, avec des notions de durée, de boucles de diffusion, et de mesure.
Les messages internes
C’est un usage très puissant, parce qu’il touche les collaborateurs à des moments clés (avant ouverture, brief du matin, fermeture). On peut diffuser des messages de motivation, de sécurité, de consignes opérationnelles, mais aussi du contenu plus culture d’entreprise.
Car avec notre solution, vous pouvez imaginer bien plus qu’une simple diffusion d’annonces.
Par exemple : Decathlon et “Radio Moquette”. C’est une émission interne pensée comme une radio/podcast pour les équipes, diffusée avant l’ouverture. Le format est intéressant car il ne se limite pas à de l’info descendante : il crée de la cohésion, de l’engagement et un ton de marque employeur.
Dans une logique marketing sensoriel, ces évènements internes ont aussi un impact indirect sur les clients : une équipe mieux informée, plus engagée, plus alignée délivre une meilleure expérience en magasin.
Les messages informationnels et de service
Ici, on est sur le fonctionnel : fermeture imminente, accès à une zone, changement d’horaires, procédure click & collect, consignes de sécurité, gestion des flux, rappel sur un service (retours, SAV, cartes cadeaux), orientation vers un point d’accueil.
Ce type de messages sonores évite les frictions et fait gagner du temps aux équipes mais aussi aux visiteurs. Dans un hypermarché, ils peuvent aussi servir à guider (“rayon X à gauche”), à annoncer une animation (“dégustation à…”), ou à désengorger certains points (caisses, accueil).
Les messages bienveillants
Dans certains contextes, le message sonore joue un rôle de réassurance : rappeler une règle simple, signaler qu’une équipe est disponible, indiquer la marche à suivre en cas de besoin. L’objectif n’est pas de sur-encadrer, mais de rendre le lieu lisible et accessible à tous.
En salle de sport par exemple, on peut rappeler que chacun doit utiliser sa serviette et laisser le matériel propre pour les prochains utilisateurs.
L’intérêt des messages sonores selon le secteur d’activité
Restauration : vendre mieux, sans rallonger le service
En restauration, le client est souvent en phase de décision rapide. Les messages sonores peuvent :
- mettre en avant un produit à forte marge (boisson, dessert, menu du moment),
- désengorger le comptoir en redirigeant vers le click & collect,
- annoncer une offre limitée dans le temps (heure creuse, menu midi),
- soutenir l’image via l’identité sonore.
Le bon usage, c’est le message au service du tempo : une annonce courte, bien placée (pics d’affluence, ou avant le rush), avec un message très simple.
Salles de sport : motivation, pédagogie, communauté
En club de sport, l’audio fait partie de l’ADN du lieu. Les messages sonores peuvent annoncer un cours, rappeler une consigne de sécurité, promouvoir un service comme du coaching, ou créer un sentiment de communauté (défis, événements).
Le point d’attention : ne pas transformer la salle en radio publicitaire. Le message doit rester compatible avec l’objectif du client à savoir s’entraîner, donc être bref, rythmé, et cohérent avec l’ambiance musicale.
Boutiques retail : renforcer la marque et guider vers l’achat
Dans une boutique, on cherche souvent un équilibre : une ambiance travaillée, mais une prise de parole discrète. Les messages sonores y sont particulièrement utiles pour :
- accueillir et installer la marque renvoyant à la création d’une signature pour être identifié,
- valoriser une nouveauté (capsule, collab, exclusivité),
- activer le cross-sell,
- pousser un service (retouches, livraison, réservation, programme fidélité),
- relayer une animation (présence d’un expert, atelier, soirée).
C’est aussi un levier de cohérence omnicanale : le magasin parle comme la marque sur ses autres canaux, avec une continuité de ton.
Hypermarchés et grande distribution
En grande surface, l’audio peut devenir un média interne à part entière, avec des plages musicales, des annonces de service, et des messages promo (y compris pour des marques partenaires). La presse économique relève d’ailleurs que plusieurs enseignes développent l’in-store radio comme levier d’expérience et comme inventaire retail media.
L’enjeu principal est l’orchestration : si tout le monde parle tout le temps, plus personne n’écoute. En revanche, une programmation calibrée, mesurable et contextualisée (moments, zones, objectifs) fait de l’audio un véritable outil de pilotage du magasin.
Ce qui fait la différence : une stratégie de diffusion
Deux magasins peuvent diffuser des messages sonores et obtenir des résultats opposés. La différence vient souvent de trois paramètres :
- Le bon message : clair, utile, orienté client (ou orienté équipe, si c’est pour de l’interne).
- Le bon moment : ouverture, affluence, entre-deux, fermeture, événements.
- La bonne pression publicitaire : fréquence contrôlée, diversité des scripts, alternance avec la musique.
Les standards qui émergent côté retail media vont d’ailleurs dans ce sens : on parle de durées de spots, de boucles de diffusion, et de métriques pour rapprocher diffusion et ventes.
Attention aux écueils
L’audio est puissant, donc il peut lasser vite. Les risques les plus fréquents sont connus : répétition, volume trop élevé, ton trop publicitaire, décalage avec la clientèle, irritation des équipes. Certains retours d’expérience dans la distribution montrent clairement que l’audio peut être critiqué quand il devient envahissant.
Côté confort, on optimise l’expérience selon son besoin et son secteur d’activité. Le volume sonore d’une ambiance dans un magasin de centre commercial ne sera pas le même que celui d’une pharmacie, cela va de soi.
Conclusion
Diffuser des messages sonores en espace commercial physique ne résume pas qu’à passer des annonces promotionnelles. C’est structurer une prise de parole qui peut, selon les cas, renforcer la marque, fluidifier le parcours, booster certaines ventes, réduire les frictions, et aligner les équipes (comme l’illustre le cas de Radio Moquette chez Decathlon).
La clé est de traiter l’audio comme un média : une ligne éditoriale, un calendrier, des scripts, une qualité de voix, une logique de diffusion, et des indicateurs. À ce moment-là, le magasin ne fait pas du bruit : il communique.
C’est notre métier, alors parlons-en !
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